Rencontres en eaux claires

Rien de plus efficace pour dynamiser un projet local que de pouvoir échanger avec les porteurs d’une initiative semblable surtout quand ceux-ci disposent d’un plus grand recul.  Ainsi, le 10 novembre 2015, quatre représentants du Syndicat des eaux de la Veaune sont partis découvrir et échanger avec la Communauté urbaine du Creusot-Monceau en Saône et Loire, en limite sud du Morvan, elle aussi gestionnaire de captages d’eau potable et de la biodiversité environnante. Même le soleil était au rendez-vous pour agrémenter cette rencontre chaleureuse !

Une forte volonté dans la Drôme

Les sources de la Veaune, situées sur les communes de Marsaz et Chavannes, rassemblent près de 60 hectares de zones humides remplissant des fonctions essentielles pour le territoire : elles contribuent à garantir une ressource en eau de qualité et en régule la quantité, étant aussi un réservoir de biodiversité important.

Ces enjeux ont poussé le Département de la Drôme à inventorier ce site comme espace naturel sensible (ENS) local. En parallèle, le Syndicat de gestion des eaux de la Veaune, chargé de la distribution d’eau potable sur le territoire, a pris conscience de l’intérêt de cette vaste zone humide, au-delà de sa mission de base. Il a de ce fait initié un projet de préservation et de mise en valeur du lieu. Pour ce faire, il bénéficie de l’appui technique du Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes ainsi que de l’appui financier du Département de la Drôme et de l’Agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse. Des bureaux d’études ont été mandatés pour identifier les opérations nécessaires.

S’inspirer de réussites proches  

Le regard porté sur l’expérience bourguignonne a montré de nombreuses similitudes avec le projet du Syndicat. Le Conservatoire d’espaces naturels de Rhône-Alpes a, en effet, proposé aux élus drômois de découvrir l’expérience de la Communauté urbaine de Creusot Montceau. Celle-ci dispose de la compétence « eau potable », avec 27 communes concernées, et a très vite mené de front la distribution d’eau avec la préservation et la mise en valeur des zones humides concernées par les périmètres de captage. Cette double préoccupation était motivée par une spécificité du territoire : pas de nappes phréatiques pour alimenter les usines d’eau potable, seulement des étangs et des lacs, dont celui de la Sorme qui a été créé à cette intention dès l’origine de la communauté urbaine, en 1970. Ces ressources superficielles sont donc plus vulnérables, sachant qu’elles se singularisent aussi par des milieux propices au développement d’une faune et d’une flore riches.
La communauté urbaine a ainsi engagé des démarches de maitrise foncière, avec l’appui de la SAFER. Pour le côté « nature », un partenariat avec le  Conservatoire d’espaces naturels Bourgogne a été mis en place avec diverses collaborations. Celui-ci intervient soit en tant qu’assistant à Maîtrise d’ouvrage en prodiguant des conseils et accompagnant la sensibilisation autour des actions, soit en tant que gestionnaire d’espaces naturels pour lesquels il met en place l’ensemble des actions de préservation et valorisation des zones humides . La sensibilisation du public n’est pas oubliée dans l’histoire, importante pour que cet effort puisse être respecté voire relayé par la population.

 

A travers ces échanges, c’est tout un panel d’astuces, de conseils mais aussi de confiance en soi qui motivent les troupes. D’ailleurs, la volonté d’aller plus loin dans cette collaboration a été affirmée avec, pourquoi pas, une prochaine rencontre en Rhône-Alpes !

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