Cinq années de collaboration avec les militaires

Forts de l’expérience menée sur le camp de la Valbonne, dans l’Ain, le CEN et le ministère des Armées ont monté puis piloté un programme life nature d’envergure sur le quart sud-est de la France. L’enjeu : concilier l’activité militaire et la biodiversité au quotidien. Ce programme s’est terminé au 31 décembre dernier, un document bilan est disponible  sachant que de cette expérience riche émerge un nouveau projet d’ampleur nationale voire européenne.

Il était urgent de considérer l’Armée comme un gestionnaire d’espaces naturels à part entière ! Sachant que les terrains militaires, préservés de l’urbanisation et d’une agriculture de production durant un siècle, constituent de précieux réservoirs de biodiversité. Cinq ans après la signature d’un troisième protocole d’accord entre les ministères chargés l’un de la défense, l’autre de l’écologie, et divers partenariats locaux, les préoccupations environnementales sur les sites militaires ont beaucoup changé au point que la moitié des surfaces gérées par les CEN sont des terrains militaires.

 

Life défense nature 2mil se voulait un programme ambitieux pour faire bouger les troupes. En premier lieu, il fallait créer du lien et faire en sorte que les militaires soient convaincus qu’ils avaient entre leurs mains un patrimoine biologique de qualité mais aussi que les CEN comprennent le fonctionnement des militaires afin d’optimiser les collaborations. Des rencontres, des temps de formation ont permis ce brassage des cultures. Un travail en commun sur la manière de prendre en compte les risques pyrotechniques, de gérer la fréquentation et une espèce envahissante : le robinier, a concrétisé ces échanges. En second lieu, il s’agissait de travailler concrètement sur quatre terrains militaires, pour répondre à des menaces d’embroussaillement ou des risques de destruction d’espèces à forte valeur patrimoniale par manque de connaissances.

Autour de ces expériences, une dynamique a été impulsée, les CEN PACA et Corse ainsi que le Syndicat mixte des gorges du Gardon ont contribué, chacun sur son territoire, à construire avec les divers régiments concernés un partenariat durable qu’il restait à exporter. Or, sur ce registre et avec la force de frappe du MINARM, les objectifs initiaux ont vite été dépassés : une bande dessinée distribuée sur de nombreux camps militaires et les instances administratives à Paris, 15 000 personnes touchées via Facebook, des délégations parties échanger dans plusieurs régions européennes… sans oublier un séminaire de restitution à Nîmes qui regroupait pas moins de 17 nationalités pour échanger sur le besoin de « gérer » la biodiversité sur les sites militaires.

Une réussite qui permet aujourd’hui d’enclencher sur le montage d’un nouveau projet Life gouvernance qui devrait être déposé cet été auprès de la Commission européenne dans l’espoir d’être porté par la Fédération des CEN et le MINARM.

Le bilan complet est à retrouver sur le site : www.lifeterrainsmilitaires.fr