Tourbière de la Vestide – Des travaux menés avec brio !

Du 19 au 23 mars dernier, sur le site de la tourbière de la Vestide, en Ardèche, l’équipe du Cen Rhône-Alpes a entrepris des travaux de restauration d’une “béalière”, fossé creusé à partir du ruisseau pour acheminer son eau sur des prairies. L’objectif était de rétablir le fonctionnement hydrologique du lieu, à savoir l’écoulement de l’eau sur le terrainafin de restaurer 500 mètres de ruisseau. Récit et retour en images sur cette intervention.

 

Une zone humide et des usages à préserver

Situées sur le plateau ardéchois à 1250 mètres d’altitude et sur le territoire communal d’Issanlas, les tourbières de la Geneste, des Vestides et des Narces constituent une vaste zone humide remarquable d’une surface d’environ 110 ha où le CEN s’investit depuis 2003. Le ruisseau des Vestides a récemment fait l’objet de travaux dans le but de restaurer sa fonctionnalité sur sa partie aval. En effet, le ruisseau a été détourné de son tracé initial par le passé sur plus de 600 mètres, asséchant son cours aval la majeure partie de l’année, et privant également les prés de fauche d’un apport d’eau bénéfique. Suite à un processus de concertation, un consensus prenant en compte les enjeux biologiques, agricoles et patrimoniaux a été trouvé afin que l’eau coule à nouveau dans le ruisseau des Vestides et que les usagers y trouvent leur compte. Ainsi, une ancienne béalière a été restaurée afin de faire la jonction entre la partie amont et aval du ruisseau des Vestides. L’eau circule à nouveau sur plus de 500 mètres avant de se jeter dans la Langougnole, le ruisseau revit, et des prés de fauche sont à nouveau irrigués !

 

Bûcheronnage et restauration de la béalière

Avant le lancement des opérations, il a tout d’abord fallu rétablir l’accès à la béalière. Aussi, l’équipe technique du Cen, a-t-elle mené de front l’élagage et l’abattage de pins sylvestres et de bouleaux qui obstruaient le passage des machines. En parallèle, une mini-pelle et un dumper ont été mobilisés pour recreuser l’ancien canal et évacuer la terre prélevée. L’exercice ne fut pas évident puisque la béalière s’étend sur plus de 103 mètres de long et une pente très faible devait être respectée. Afin de limiter l’impact de ce nouvel “édifice” sur l’équilibre naturel du lieu, un soin tout particulier a été apporté à son intégration paysagère. Par ailleurs, sur le cours aval du ruisseau, des déblais qui obstruaientt l’ancien lit ont été retirés.

À la jonction entre le ruisseau sur sa partie amont et la béalière, un ouvrage a également été conçu pour réguler la quantité d’eau déviée. Un système de planches superposables permet ainsi de gérer l’approvisionnement de la béalière en fonction du niveau d’eau dans le ruisseau. Sur la partie aval de la béalière, des surverses ont été réalisées afin que l’eau s’écoule à nouveau vers son ancien lit. Enfin, des clôtures ont été posées pour protéger la béalière des chevaux présents sur le terrain. Pour autant, des passages ont été conservés afin de les laisser circuler librement d’un pâturage à un autre.

 

Malgré une météo peu clémente, les travaux se sont bien déroulés et le résultat est au rendez-vous. Le milieu naturel devrait retrouver un fonctionnement hydrologique équilibré, résolvant par la même occasion les problèmes précédemment rencontrés par les exploitants agricoles. Un contrôle régulier de la béalière et des ouvrages sera mené par le Cen ainsi qu’un suivi sur l’évolution des modifications écologiques occasionnées par ces travaux.