C’est un souci permanent : comment peut-on réintégrer ce qui pourrait être considéré comme les déchets de la gestion d’espaces naturels dans l’économie locale ?

Cette année l’anticipation a été bonne, les balles rondes qu’il était prévu de produire sur deux marais du Rhône avaient déjà leur nouvelle destinée toute tracée. Une partie a été utilisée par des viticulteurs et arboriculteurs qui, pour lutter contre l’érosion de ses sols, étalent la matière entre leurs rangs de vignes ou de fruitiers. Une autre partie est emmenée par des maraîchers qui travaillent en permaculture pour pailler, limiter ainsi la pousse des mauvaises herbes et réduire l’évaporation de l’eau. Même la fête de l’agriculture des Monts d’Or était ornée cet automne de petites balles de foin de marais, mises à profit pour s’asseoir, poser des documents ou tracer le chemin d’accès. Ainsi de nombreuses balles rondes de 12 – 15 kg participaient à la vie locale.

A une plus grande échelle, la préoccupation reste la même et régulièrement les branches de robinier faux-acacia servent dans des aménagements en pleine nature (marches d’escaliers…), le broyage part dans les services techniques des communes pour couvrir les plates-bandes fleuries, les foins servent de filtres à particules sur les petits cours d’eau lors de restauration. Un choix nuancé fait par le CEN Isère sur certains sites permet de disposer de précieux abris en bords de parcelles pour la nidification des couleuvres et autres petits animaux.

Il y a toujours une vie après la première vie, il faut simplement bien anticiper sur le devenir de cette matière végétale !