Août – Octobre : rétrospective des premières étapes du chantier de restauration de la lône de Taponas

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Le chantier de restauration hydraulique et écologique de la Lône de Taponas, dans le Rhône a débuté en aout 2023. Plusieurs étapes seront nécessaires pour remettre en fonctionnement cette zone humide dégradée.

Entre aout et fin octobre, le chantier s’est mis en place et des engins de l’entreprise Océlian sont intervenus pour les premières étapes, le site s’en est ainsi vu modifié.

Vous pourrez découvrir sur cet article le déroulé du chantier pas à pas.

Août :

La toute première étape a été de mettre en protection le Séneçon des marais (Jacobaea Paludosa) présent sur le site. Le Conservatoire d’espaces naturels Rhône-Alpes a fait le choix de déplacer les stations avant le début du chantier de restauration pour permettre la conservation ; une partie a été mise en jauge, dans une mare creusée pour l’occasion, proche du chantier, tandis que l’autre partie a été confiée au Jardin Botanique de Lyon.

 

Vous pouvez visionner l’épisode vidéo sur les Séneçons, juste ici !

 

Septembre – mi-octobre :

1/ Débroussaillage / Bucheronnage :

La première étape qui marque le commencement des travaux est la préparation des emprises du chantier, qui correspond au périmètre de la zone des travaux prévue, y compris les zones de préparation du chantier, l’installation de la base vie et le cadrage de la circulation des engins.

Ensuite a lieu le débroussaillage de la piste, des emprises des bouchons ainsi que l’accès au futur platis (zone de haut fond constitué par l’ensemble des terres issus des bouchons sédimentaires).

Un écologue est passé sur le site afin de déterminer les arbres à enjeux (pour les chauves-souris, les oiseaux, les insectes). Les arbres de gros diamètre, avec des cavités, morts sur pied ont été conservés au maximum puisqu’ils représentent un habitat d’intérêt pour la biodiversité (zone de nourrissage ou de nidification).

Des nichoirs pour les oiseaux et les chauves-souris ont été installés afin d’offrir un lieu complémentaire pour la nidification. Ses nichoirs seront suivis régulièrement par un écologue entre septembre et octobre, un apport de données intéressant pour évaluer la présence et étudier les comportements des espèces nicheuses.

Puis s’en est suivi la coupe et l’arrachage de souche d’arbres présents sur l’emprise des terrassements qui gênaient le bon déroulement des opérations. L’ensemble du bois a été évacué. Dès que possible la coupe d’Érable négundo a été priorisé à d’autres essences car c’est une espèce qualifié d’invasive, présente en nombre sur le site. En effet, les espèces exotiques ont une capacité d’implantation et de développement plus importante puisqu’elles n’ont pas de concurrence. Si aucune action n’est réalisée sur celles-ci, les espèces locales vont fortement régresser voir disparaitre et les habitats seront moins diversifiés et intéressants pour la faune locale.

Cette action permettra ainsi, de donner plus de chance aux espèces autochtones de bien s’implanter. Les espèces naturellement présentes qui composent la ripisylve de la lône sont le Saule blanc, l’Orme lisse et le Frêne.

 

2/ Suppression de deux bouchons sédimentaires et la mise en forme d’un platis :

Les deux  bouchons présents dans la lône ne permettant pas une circulation de l’eau en dehors des périodes de crues, la continuité écologique était fortement impactée, c’est le cas notamment des espèces piscicoles. Les bouchons favorisaient une sédimentation de la lône, qui, au fil du temps est  un vrai risque de comblement, et donc pas ricochet, une perte de certains habitats d’intérêt de berges sableuses ou de zone d’eau stagnante qui accueillent une riche biodiversité.

La suppression des deux bouchons constitue une part importante du chantier.

Le terrassement du bouchon amont a démarré au début du mois de septembre. Les matériaux extraits du bouchon amont ont été acheminés par la piste jusqu’à la zone de création du platis où ils ont été déposés en bordure de berge et étalés sur les premiers mètres dans le lit de la Saône.

Une fois terminé, l’effacement du second bouchon présentant une quantité de matériaux beaucoup plus importante a commencé. De la même manière que le premier bouchon, l’ensemble des matériaux ont servi à la constitution du platis.

Le platis est une zone de haut fond (0 à 2 m de profondeur) d’une surface la plus grande possible en fonction des matériaux disponibles et qui présente une pente relativement faible sur la largeur. L’objectif de cet aménagement est de recréer des habitats diversifiés permettant l’accueil de nombreuses espèces faunistiques et floristiques.

L’extraction et l’étalement des sédiments sont des opérations qui consistent à niveler un terrain, elles ont été réalisés par deux pelles mécaniques, dont une équipée de chenille marais (plus large que des chenilles classiques améliorant ainsi la portance au sol).

L’ensemble du parc matériel utilisé par les entreprises Ocelian et Jacquemet ont été sélectionné en fonction des contraintes techniques (sol fragile et meuble, végétation importante, nécessité de travailler depuis la berge et le plus loin possible sans avoir à déplacer les engins  du site et ainsi réduire au maximum les impacts sur le terrain (pression sur le sol, tassement …) tout en cherchant à préserver un équilibre entre productivité/coût du chantier/ respect du milieu et de l’environnement.

 

3/ Curage de la lône :

Afin de se rapprocher au maximum de l’objectif du projet, soit une profondeur d’un mètre d’eau sur l’ensemble du linéaire de la lône en période d’étiage (basse eau), tout en préservant au maximum les abords de celle-ci, l’opération s’est déroulée par voie d’eau. Les opérations se déroulant sur le domaine public fluvial, une autorisation par Voie navigable de France (VNF) a été obtenue pour la durée des travaux.

Pour ce faire, la technique du dragage hydraulique a été choisie. L’engin présent sur le chantier ayant permis cette opération, est une drague qui a la capacité à aspirer un mélange de sédiments du fond du lit de la Saône et une majorité d’eau pour les transporter par un tuyau flottant sur une grande distance. Le dragage s’est effectué de l’amont vers l’aval en rejetant les sédiments hors de la lône, en bordure de Saône. Mais malheureusement, à cause des conditions climatiques et des niveaux d’eau étant trop bas (20cm plus bas que le niveau habituel à l’étiage), le curage a dû être stoppé  car la drague ne disposait pas d’un tirant d’eau nécessaire pour avancer. La reprise des travaux est prévue ultérieurement.

Les prochaines étapes très prochainement…

N’hésitez pas à lire nos différentes actualités pour suivre le projet de restauration de la lône de Taponas jusqu’à sa finalisation prévue au Printemps 2024.