Lac_meyrol_jussieOriginaire d’Amérique du Sud et introduite en France au 19è siècle pour décorer des bassins d’agréments et des aquariums, cette plante aquatique a fortement progressé le long de la vallée du Rhône, notamment sous l’effet du changement climatique.

La jussie recouvre très rapidement les surfaces d’eau libre des plans d’eau, canaux, lônes et zones humides et ses importantes capacités d’adaptation et de colonisation rendent vaine toute tentative d’éradication. Elle a en effet un système racinaire puissant lui permettant une grande résistance, de très longues tiges en surface, une possibilité d’élévation hors de l’eau et il suffit d’une petite partie de rhizome pour que la plante survive !

Sur le lac du Meyrol, elle a envahit une grande majorité des zones en eau et des berges, et constitue un écran à la lumière, provoquant l’asphyxie du milieu. Son développement intempestif élimine peu à peu les espèces indigènes, contribue à l’envasement et le comblement du lac, entraînant ainsi un gros déséquilibre de l’écosystème. Les herbiers qu’elle constitue gênent certains loisirs, comme la pêche !

Au lieu de réaliser un arrachage mécanique régulier et sans fin, la lutte contre cette espèce passera par la restauration d’un milieu défavorable à son implantation et son développement. Dans un premier temps, l’implantation de roseaux permettra de concurrencer la jussie et de limiter sa propagation. Pour empêcher la plante de se fixer, des zones en eau profonde seront créées. Enfin, la ripisylve, cette végétation bordant le plan d’eau, sera confortée pour l’ombre qu’elle apporte, et ainsi nuire à cette espèce qui a besoin d’un fort ensoleillement pour se développer.

De nouveaux équilibres et co-évolutions sont espérés par la restauration de cette mosaïque d’habitats qui pourraient limiter son extension et ses impacts sur la biodiversité.